Inséparables compagnons de route des réflex numériques, les objectifs peuvent être relativement difficiles à appréhender, surtout lorsque l’on y connaît rien. C’est pourquoi nous allons décrypter ensemble le fonctionnement d’un objectif, ce qu’il faut regarder avant d’acheter, et pourquoi certains sont plus chers que d’autres !

 

Une histoire de nom…

Avant toute chose, commençons par décomposer le nom d’un objectif, ces derniers étant souvent de vilains acronymes barbares ! Exemple : NIKKOR AF-S VR DX 18-200 MM F/3.5-5.6G IF-ED ! Belle bête n’est ce pas? Bon qu’est ce que tout ça nous apprends, voyons voir :

Nikkor : Il s’agit de la marque de l’objectif. Nikkor est la marque de chez Nikon.

AF-S : Cela signifie que l’objectif possède un système de mise au point automatique (AutoFocus), qui plus est silencieux.

VR : Sigle signifiant à l’utilisateur que son objectif possède un système anti tremblement l’aidant à faire une meilleure photo.

DX : Cet acronyme nous informe que l’objectif en question est étudié pour fonctionné pleinement sur des appareils numériques.

18-200 MM : Il s’agit de la focale de l’objectif, c’est à dire de son zoom. Nous y reviendrons plus bas. Il s’agit ici d’un zoom capable d’afficher du grand angle (18mm), et une focale très serrée (200 mm).

F/3.5-5.6 : Nous avons ici les informations relatives à l’ouverture du diaphragme, nous y reviendrons également plus loin.

G : Cette lettre signifie que l’objectif ne possède pas de bague manuelle pour contrôler l’ouverture du diaphragme.

IF : Inter Focus, petite technologie bien pratique permettant que la mise au point se fasse à l’intérieur de l’objectif. Ce dernier ne tourne alors pas sur lui même !

ED : Ceci indique qu’il y a eu un traitement spécial sur la lentille de l’objectif pour qu’elle réduise les aberrations chromatiques, des erreurs de couleurs très spécifiques.

Voilà, vous en savez maintenant un peu plus sur la signification du nom d’un objectif. Mauvaise nouvelle, ces sigles sont spécifiques à la marque Nikon, et ils sont tous différents chez les autres fabricants! Mais, les plus importants sont tout de même identiques, à savoir la focale et l’ouverture qui sont vos priorités numéro un !

 

Comprendre la distance focale !

On l’appelle distance focale, longueur focale, ou bien encore tout simple, la focale, et elle représente l‘angle que va couvrir votre photo. En clair, et pour faire très simple, plus la focale est petite (le petit chiffre) plus vous allez avoir de contenu dans votre image, et inversement. Concrètement, une focale de 18 mm est considérée comme étant un grand angle : vous allez pouvoir mettre beaucoup d’informations dans l’image, comme pour faire une photo de groupe ou de paysage. Une focale de 50 mm est une focale standard, elle permet de faire des photos polyvalentes, avec du paysage, mais aussi du portrait. Enfin, une grande focale du type 80 mm ou plus est ce qu’on appelle un téléobjectif et vous permettra de prendre en photo un sujet distant, ou de faire des portraits.

 

Focale fixe, ou Zoom ?

Vous l’avez compris, la focale va vous permettre de cadrer votre image en y insérant plus ou moins d’informations. Aussi, comme on ne peut pas tout faire avec une seule focale, il va bien falloir devoir faire un choix ! Les constructeurs l’ont bien compris et proposent de nombreux zooms, c’est à dire des objectifs qui possèdent non pas une focale, mais une plage focale allant, généralement, d’un grand angle, à une focale plus moyenne. Chez Canon cet objectif est le 18-55mm, ce qui permet de couvrir pas mal de situations. En revanche, la qualité de l’image sur ce genre d’objectif est moins bonne que si vous aviez opté pour une focale fixe. Le très célèbre Nikkor 50mm, par exemple, est un petit bijou de précision et de luminosité. En revanche, impossible de zoomer, il faut utiliser ses pieds ! Alors comment savoir s’il faut choisir un zoom ou une focale fixe? La première question à ce poser est celle du budget, un zoom coûte bien moins cher qu’une focale fixe ! Si ce n’est pas une question d’argent, alors demandez-vous quelles genres de photos vous avez envie de faire. Du paysage? Optez pour un grand angle (en dessous de 35mm). De la photo de rue, et un peu de portrait? Le 50 mm sera votre allié. Vous ne pouvez, ou n’aimez vraiment pas vous déplacer? Choisissez alors un téléobjectif 80mm et plus.

Attention au facteur de conversion !

La taille du capteur photosensible de votre appareil photo a une influence sur la focale de votre objectif. Sans entrer dans des considérations techniques, il faut simplement savoir que chaque capteur possède un facteur de conversion. Chez Canon il est de 1.6, chez Nikon 1.5, etc. Concrètement, et pour faire simple, plus votre capteur est petit, plus votre focale sera grande. En clair, un 50 mm monté sur un Nikon devient un 75 mm (50 x 1.5), passant alors d’un objectif standard à un objectif plutôt orienté pour les portraits. Lorsque vous achetez un objectif, il faut bien avoir conscience de cette problématique car elle affectera directement vos photos. Ainsi, un grand angle cadrera un peu moins large, et un téléobjectif zoomera encore plus fort. Seuls les capteurs pleins formats permettent de conserver les focales d’origine car leur facteur de conversion est de 1, mais dans la mesure où ils coutent très chers il vaut mieux se faire à l’idée de la conversion !

Diaphragmes, encore une histoire de chiffres !

Le diaphragme est une pièce mécanique de l’objectif directement inspiré de l’iris de l’œil. Quand il y a trop de lumière, notre iris se ferme. Le diaphragme fonctionne de la même manière, vous permettant alors de contrôler la quantité de lumière entrant dans l’appareil. Tous les diaphragmes, ou diaph, ne se valent pas. Certains permettent de faire entrer plus de lumière que d’autres, et cette capacité coûte cher car elle est très recherchée. L’ouverture d’un diaph s’exprime en F suivi d’un nombre. Un objectif classique ouvrira à F 2.3, ce qui est déjà bien ! Plus ce chiffre est petit, plus l’ouverture est grande, et plus il y a de lumière qui entre dans l’appareil. Ainsi, un objectif qui ouvre a F 1.8, 1.4, voir même 1.2 permet de faire des photos dans des conditions de luminosité réduite. En revanche, son prix est démultiplié ! Un 50 mm fixe qui ouvre a F 1.4 coûte 350 euros en moyenne. Sur les zooms, on vous donne une double valeur, souvent 3.5/5.6. La première valeur correspond à l’ouverture du diaph dans la focale la plus petite (en grand angle par exemple), et la seconde valeur est lorsque vous êtes à fond de zoom. Certains objectifs zoom proposent une ouverture constante, mais leur taille est alors beaucoup plus importante (pensez aux objectifs des paparazzis !) et il en va de même pour le prix qui s’envole, loin, loin, vers d’autres cieux !

 

Comprendre la profondeur de champ !

L’ouverture du diaph à également une incidence sur vos photos, elle permet de contrôler la profondeur de champ, c’est à dire la zone de flou plus ou moins prononcée derrière votre sujet. Ici encore, passons les considérations techniques. Sachez simplement que plus l’objectif ouvre grand (donc plus le chiffre est petit), plus vous aurez de flou en arrière plan. Cet effet très recherché permet de mettre en avant votre sujet, et donne des effets graphiques assez jolis. En revanche, cela à un prix ! Ces objectifs dit « lumineux » coutent plus cher que les autres. Sur les zooms qui ouvrent à 3.5 ou 5.6, la profondeur de champ sera moins marquée, mais le fond sera tout de même flou. Pour que l’ensemble de la scène soit bien nette, il faut fermer le diaph à des valeurs au-delà de 9. Seulement, vous réduisez, par la même occasion, la quantité de lumière qui rentre dans l’objectif, et cela demandera un temps de pose plus long !

 

Au piqué !

Lorsque l’on commence en photo, on peut entendre fréquemment cette drôle de question « Il a un bon piqué cet objectif? ». Rien à voir avec une quelconque piqûre, ou autres objets tranchants! Le piqué est la capacité d’un objectif à retranscrire fidèlement les petits détails d’un sujet. Il ne suffit pas que la personne que vous preniez en photo soit nette, encore faut-il que chacun de ses cheveux le soit également ! Et pour ça, il faut avoir un bon piqué! Dans le cas contraire, on dit d’un objectif qu’il est mou, car les petits détails sont flous. Le piqué est très difficile à jugé en magasin, devant un vendeur qui, le plus souvent, n’en sait guère plus que vous sur la question. En effet, il faut pouvoir essayer l’objectif pour savoir réellement si le piqué est bon ou non. A toute fin utile, sachez que premièrement le piqué optimal d’un objectif se situe autour d’une ouverture du diaph de 5.6. En dessous, la profondeur de champs trop faible ramollit l’image. D’autre part, ce n’est pas parce qu’un objectif est très cher qu’il à le meilleur piqué. A titre d’exemple, l’objectif Nikkor 28-80 mm 3.5/5.6 possède un piqué extraordinaire digne des meilleurs objectifs… et il ne coûte que 40 euros !

 

Vignettage : la vie en noir !

Dans un objectif, toutes les parties de la lentille ne sont pas de la même qualité. Priorité est donnée au centre, et c’est bien normal puisque c’est là que se trouve généralement le sujet. Du coup, sur certains objectifs, il arrive que les bords de l’image soient plus sombres que le reste, créant un véritable halo noir. C’est ce qu’on appelle le vignettage. Cet effet peut être très recherché, ou carrément subit ! Il existe des méthodes pour pouvoir le supprimer après coup sur ordinateur, mais le mieux est encore d’avoir un objectif dont le vignettage est réduit. Généralement, ce sont surtout les téléobjectifs qui sont le plus sujets au vignettage, tenez-vous le pour dit !

 

Gadgets et compagnie

 

 

 

Au-delà de tout ce que nous venons de voir, et qui constitue déjà une grosse somme de connaissances, il faut également être au fait desdiverses options dont les objectifs peuvent être affublés. La première d’entre elle, probablement la plus importante, est le système anti-vibration qui permet de faire de meilleures photos à main levée. Vous avez également des lentilles travaillées pour éviter les déformations, ou les aberrations chromatiques (erreurs de couleurs). Une autre option qui allonge encore la facture est la présence d’un moteur d’autofocus rapide et ultra silencieux. Toutes ces petites choses sont avant tout du domaine de l’accessoire car elles vont considérablement alourdir le prix de l’objectif. Dans un premier temps, et surtout si votre budget est limité, vous pourrez parfaitement vous en sortir sans !

 

 

Choisir son objectif : l’art des compromis !

Vous connaissez maintenant les principes de base du fonctionnement des objectifs. Du coup, vous devez commencer à vous faire une idée du genre d’optique que vous voulez utiliser. Seulement voilà, vous allez très rapidement être confronté à une certaine réalité… celle du budget ! Alors, oui, il est parfaitement possible d’obtenir un objectif zoom d’excellent facture, qui ouvre grand avec un piqué extraordinaire et sans vignettage… mais cela vous coutera trois fois plus cher (si ce n’est plus) que votre boitier d’appareil photo seul ! Il faut donc savoir faire des compromis. Pour un premier achat, le zoom de qualité standard est largement suffisant. Le 18-55 mm 3.5/5.6 de Canon offre un piqué convenable, et une bonne luminosité. Il en va de même pour le 18-70 mm 3.5/5.6 de Nikon, qui est également un très bon objectif de débutant.

Oui, votre premier objectif sera probablement mou et lent, mais il vous permettra quand même de faire de belles photos ! Aussi, je vous encourage à ne pas dépenser l’équivalent de deux smic pour l’achat de votre premier reflex + objectif. Il faut y aller progressivement ! D’ailleurs, les fabricants l’ont bien compris et vous proposent souvent des kits pour bien débuter avec un boitier + un objectif polyvalent, le tout pour un prix raisonnable (autour de 500 euros). C’est vers eux qu’il faut se tourner pour commencer ! Ensuite, quand vous aurez bien en main votre appareil et que vous serez plus au fait des techniques de la photo, considérez l’achat d’un second objectif.